CFRIES

Centre Franco-Russe d’Intelligence Economique et Stratégique

14 mars 2007

Les logiciels, un gisement plein de promesses

par Emmanuelle Belohradsky

En Russie, le chiffre d’affaires du secteur des softwares devrait progresser de 60 % cette année.

Challenges.fr | 15.02.2007

Les oligarques russes convoqués le 6 février par Vladimir Poutine pour la réunion annuelle de la Fédération des industriels et entrepreneurs se sont fait tirer les oreilles. A l’avenir, ils sont priés « d’apprendre non seulement à exporter avec profit du pétrole, du gaz et du minerai, mais aussi à se présenter sur les marchés extérieurs avec des produits finis, à haute technologie ». Les petits malins du secteur high-tech n’ont pas attendu les ordres du Kremlin pour se lancer. « Nos exportations sont passées de 730 millions de dollars en 2004 à près de 1,5 milliard l’an dernier » , se félicite Dmitri Lochtchinine, qui préside l’association russe des exportateurs de software. On est loin des dizaines de milliards charriés par les ventes de gaz et de pétrole (55 % des exportations totales, 20 % du PIB). Mais ce secteur croît à une vitesse vertigineuse (60 % prévus en 2007), bien supérieure à celle de l’économie russe  (7 % en 2006). Les IBS, Sitronics, Epas et Sistema, l’une des introductions en Bourse les plus réussies de 2005, sont le genre de success stories qui se multiplient.

Elite soviétique
Lochtchinine dirige l’une de ces pépites. Depuis six ans, les 2 000 ingénieurs de Luxoft, sa société, développent des logiciels pour Dell, Boeing, Areva ou Alcatel. La Deutsche Bank lui confie la gestion de sa base de données clients dans la banque d’affaires. La Russie est un vivier d’ingénieurs très pointus formés dans les meilleures universités et les institutions de l’ex-empire soviétique. « Vous n’imaginez pas le nombre de salariés brillants qui ont travaillé durant vingt ans dans les missiles ou les fusées que nous avons recrutés ici » , racon­te Lochtchinine. Eugène Kaspersky, à la tête de l’une des sociétés d’anti-virus les plus performantes du monde, fait partie de ces purs produits de l’élite  soviétique. Cet ex-informati­cien surdoué du KGB est un des partenaires privilégiés de Microsoft.
Pour ces patrons russes de sociétés à forte valeur ajoutée, la concurren­ce indienne ou chinoise n’est pas un souci. « Nous sommes spécialisés dans le développement de logiciels très complexes, pas les centres d’appels », précise Dmitri Lochtchinine.
Outre l’international, les entreprises de la nouvelle économie russe peuvent également compter sur le développement du marché intérieur. Superjob est le Monster russe, un site de recrutement vieux de quatre ans. « Avec 10 000 clients, 2 millions de visiteurs par mois, 4 millions d’euros de chiffre d’affaires et une croissan­ce de 100 % prévue cette année, nous sommes l’incontestable numéro un », s’enorgueillit Alexeï Zakharov, son président. Et puisque seul un Russe sur cinq est connecté au web, les petits génies de la Toile ont encore de beaux jours.

Posté par CFRIES à 12:49 - NTIC & Telecom - Permalien [#]