12 avril 2008
Mystérieuse éclipse d'un businessman américano-russe
Riga, Antoine Jacob
09/04/2008 | Mise à jour : 09:00 |
Disparu depuis la mi-mars, Leonid Rozhetskin, lié au milieu du cinéma à Hollywood, a-t-il été enlevé, assassiné ou a-t-il mis en scène sa propre disparition ?
Avec sa plage de sable blanc longeant le golfe de Riga, la cité balnéaire lettone de Jurmala était un lieu de villégiature favori des membres de la nomenklatura soviétique. Depuis le retour du pays balte à l'indépendance, en 1991, ce sont les nouveaux riches de la Russie voisine qui y investissent. Là, le manoir de Leonid Rozhetskin est d'allure presque modeste comparé aux autres demeures rénovées.
Que s'est-il passé, à la mi-mars, derrière ses grilles en fer forgé et sa façade couleur crème ? Le propriétaire des lieux, un homme d'affaires américain d'origine russe, habitué de la jet-set et marié à un ancien mannequin, a disparu. Enlèvement, meurtre, mise en scène de disparition ? La police lettone indique travailler dans ces trois directions, alors que la mère de l'intéressé croit en la thèse d'un assassinat téléguidé par Moscou.
Une chose est sûre : celui qui est né en 1966 en URSS, a émigré aux États-Unis à l'âge de 13 ans avec sa mère, a fait fortune dans la finance dans la Russie post-soviétique, avant de se reconvertir dans le cinéma à Hollywood et dans les médias à Londres, a bien fait étape en Lettonie à la mi-mars. Il y est arrivé à bord de son jet privé.
Ensuite, les versions divergent. Selon un employé letton du disparu, celui-ci a quitté sa résidence au volant de son 4 × 4 rouge, le 16 mars à 7 h 30. Une autre source, citée par un quotidien letton en langue russe, Telegraf, affirme que, cinq heures plus tôt, un chauffeur de taxi a conduit Rozhetskin à destination d'un club homo de Riga, en compagnie de deux hommes.
Interrogée par le journal britannique Mail on Sunday, la mère de l'homme d'affaires, Elvira Rozhetskina, a qualifié cette insinuation de diffamante. Selon elle, son fils «a été assassiné parce qu'il parlait de corruption au sein du gouvernement russe». Il s'apprêtait à faire des révélations et se sentait menacé, assure-t-elle.
De fait, le disparu a eu maille à partir avec le ministre russe des Télécommunications, Leonid Reïman, connu pour être lié au FSB (les services de renseignements intérieurs) et proche de Vladimir Poutine. LV Finance, la société d'investissement cofondée par Rozhetskin en Russie, a été impliquée dans un imbroglio portant sur la revente de 25 % des actions qu'elle détenait dans MegaFon, le troisième opérateur russe de téléphonie mobile.
Extorsion et abus de pouvoir
En 2006, la justice russe a accusé l'homme d'affaires d'avoir volé l'argent qu'un fonds d'investissement basé aux Bermudes, Ipoc, s'apprêtait à utiliser pour racheter ces actions. Reïman a été soupçonné un temps d'être derrière ce fonds. En dépit d'un accord à l'amiable qui a mis fin aux poursuites contre Rozhetskin, ce dernier a porté plainte pour extorsion et abus de pouvoir contre Reïman aux États-Unis.
L'Américain a-t-il disparu parce qu'il gênait ? Du sang a été retrouvé à son domicile de Jurmala qui, selon les premières analyses, est le sien. L'employé qui a vu en dernier Rozhetskin a été arrêté la semaine dernière. Il est suspecté de meurtre. Selon Telegraf, il aurait travaillé dans le passé pour une agence affiliée à l'ex-KGB, ce que dément la police.
Celle-ci se refuse à exclure la thèse d'une mise en scène. Le jet du disparu a été vu depuis en plusieurs points du globe. À Oslo notamment, où un homme montait à bord le visage dissimulé par une veste. Rozhetskin chercherait-il à se faire passer pour mort parce qu'il craint pour sa vie ? Ou pour se faire de la publicité avant le lancement d'un long-métrage qu'il a produit avec le fils de Michael Eisner, l'ancien patron de Disney ? Le film traitera de… la mafia russe.
Source : http://www.lefigaro.fr
11 avril 2008
André Guelfi serait à l'origine de l'enquête sur Total
Source : Challenges.fr | 10.04.2008 | 16:56 |
Selon la presse, deux régions russes réclameraient jusqu'à 170 milliards au groupe pour ne pas avoir exploité des champs pétroliers.
170 milliards de dollars: c'est le montant maximal du préjudice dont s'estiment victimes deux régions russes, qui attaquent Total en justice en lui réclamant une indemnisation.
Selon Le Figaro du jeudi 10 avril, le juge d'instruction de Nanterre Alain Philibeaux mène une instruction pour abus de confiance, suite à une plainte déposée en août 2006 par les régions russes de Volgograd et Saratov.
Le parquet a confirmé jeudi l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour abus de confiance. De son côté, Christophe de Margerie, le patron de Total, a estimé que l'information judiciaire ne venait certainement pas du gouvernement russe.
Une addition vertigineuse
Les deux régions estiment qu'une somme oscillant de 33 à 85 milliards de dollars aurait dû leur revenir dans le cadre de l'exploitation par la société française de leurs champs pétroliers. Une "vertigineuse addition" que le journal explique par le fait que les régions ont fait leurs calculs "selon des prévisions de production considérables (150 000 barils par jour) et en fonction du cours du pétrole qui, depuis 1993, a été multiplié par cinq".
L'exploitation de ces champs pétroliers était permise par une convention franco-russe signée le 1er mars 1993, prévoyant une exploitation-partage à 50-50 entre Elf (depuis fusionné avec Total) et les régions de Volgograd et de Saratov. Ces champs pétroliers n'ont finalement jamais été exploités, notamment du fait du changement de P-DG à la tête d'Elf, Philippe Jaffré remplaçant Loïk Le Floch-Prigent, définitivement condamné dans le cadre de l'affaire Elf il y a trois ans.
Philippe Jaffré (mort en septembre dernier) et son équipe sont d'ailleurs mis en cause par les deux régions russes pour des destructions de documents ayant trait au contrat.
"En roubles ou en dollars ?"
Jeudi, Christophe de Margerie a ironisé sur la plainte: "le ridicule ne tue plus", a-t-il lancé, avant de se demander si le montant réclamé était "en roubles ou en dollars".
Interrogé par Le Figaro, l'avocat d'Elf, Me Emmanuel Rozenfeld, a lui estimé qu'"un procès n'a pas lieu d'être entre Elf et les partenaires avec lequel le groupe pétrolier cherchait à bâtir un projet il y a quinze ans".
Il a pointé la responsabilité dans cette plainte d'André Guelfi (dit "Dédé-la-Sardine"), un ancien intermédiaire d'Elf dont il estime qu'il cherche à se venger du groupe en manipulant les parties russes. Ce dernier, condamné à trois ans de prison dont la moitié avec sursis pour avoir perçu des commissions frauduleuses dans le cadre de l'affaire Elf, réclame des dommages et intérêts à Total, en affirmant qu'il devait toucher une commission de 3% sur le dossier Volgograd-Saratov. Une audience est prévue au tribunal de commerce de Paris lundi dans ce dossier.
Les autorités russes ont confirmé dans la journée de jeudi que l'enquête avait été ouverte à la demande d'André Guelfi et ont démenti l'affirmation selon laquelle les deux régions seraient à l'origine de la plainte. Celle-ci inclurait en revanche, de manière plus ou moins formelle, le comité olympique russe, avec qui André Guelfi a collaboré sur un dossier lié à Elf.
@CFRIES
30 mars 2008
Marché de l'art: la contrefaçon devient un fléau national en Russie (Novye izvestia)
MOSCOU, 28 mars - RIA Novosti. De sérieuses vérifications ont été entamées cette semaine à la galerie Tretiakov de Moscou, à la suite d'un scandale lié à des spécialistes du musée ayant confirmé l'authenticité de toiles qui se sont par la suite révélées être fausses, note vendredi le journal Novye izvestia.
Ceci confirme une fois de plus un fait déjà évident: la contrefaçon est devenue un fléau national en Russie. A l'heure actuelle, aucun musée ni collectionneur ne peut être à l'abri de l'acquisition d'une oeuvre réalisée par des escrocs contemporains.
Certains experts affirment que les contrefaçons constituent 50% du marché russe des antiquités. Selon des estimations plus prudentes, elles ne représentent que 8% du marché, mais cette part correspond déjà à un volume d'affaires de 70 millions de dollars par an.
L'exemple le plus flagrant est l'acquisition par le milliardaire Viktor Vekselberg d'une collection d'art décoratif russe dans une vente aux enchères de Sotheby's (dont faisaient partie des oeufs Fabergé rarissimes). Il a été établi plus tard que 9 des 219 articles de la collection étaient des contrefaçons. Un nouvel incident n'a pas tardé à survenir chez Sotheby's: un tableau du fameux "chantre de la forêt russe" Ivan Chichkine, avec un prix de départ dépassant 1 million de dollars, a été retiré de la vente un jour avant les enchères, car il s'est avéré qu'il s'agissait d'un paysage retravaillé du Hollandais Marinus Koekkoek.
Les maisons d'enchères ne donnent jamais de garantie absolue, mais, tout simplement, on y trouve moins d'oeuvres falsifiées que dans les galeries. Ceci concerne également les musées d'Etat. Tout beau qu'il soit, un papier signé par un expert (avec en annexe un radiogramme et les caractéristiques techniques de la toile) n'est pas une "vérité de dernière instance". Il n'est pas accepté devant un tribunal et ne responsabilise en rien les spécialistes. S'il s'avère que l'oeuvre reconnue comme authentique est en réalité une contrefaçon, les conservateurs de musées s'en lavent les mains, en sous-entendant: "Nous ne sommes que des êtres humains, chacun a le droit de faire des erreurs".
Tout récemment encore, la plus grande partie des contrefaçons concernait l'avant-garde des années 1910-1920 (Kazimir Malevitch, et les peintres de l'association Valet de carreau). Ceci a entraîné l'effondrement du marché du modernisme russe: les collectionneurs ont tout simplement cessé d'acheter des oeuvres avant-gardistes aux galeristes. Aujourd'hui, ce sont les paysages du XIXe siècle, en premier lieu les toiles d'Ivan Aïvazovsky, qui sont les plus populaires. Le peintre lui-même estimait le nombre de ses tableaux à 6.000, alors qu'on en décompte 60.000 sur le marché contemporain.
"En Russie, on m'a souvent demandé d'évaluer des toiles prétendument signées Ilia Répine ou Ivan Chichkine, mais aucun tableau authentique n'a surgi depuis cinq ans, raconte le peintre restaurateur Denis Zourov (Allemagne), expert de la peinture russe du XIXe et du début du XXe siècle. Tantôt j'avais affaire à une très bonne contrefaçon, tantôt à une oeuvre d'un imitateur ou d'un disciple du grand maître, réalisée du vivant du peintre. Mais il est impossible de le comprendre à l'oeil nu: une expertise minutieuse est nécessaire pour cela".
25 mars 2008
Extrait de l'interview de Dmitry Medvedev accordée au Financial Times le 24 mars 2008
FT: Do you really believe, though, that the British Council is spying?
DM: I am not the head of the security services but at the same time the information that from time to time appears in the press and the reports that I get as one of the leaders of the country show that there is a problem with this. But this is not very surprising because these types of organisations are traditionally used for the collection of information.
FT: And this week there was a raid on TNK-BP. Do you believe some people saying this is an attempt to sabotage an effort on both sides, in Moscow and the UK, to improve relations?
DM: We need to sort out what happened. In any case the information I received shows that in this case we are talking about the commercial collection of information in the interests of other companies. And such a type of commercial espionage is a crime according to the law of any country. But it is clear the case is being investigated at the preliminary stage and as far as I know documents have been seized and the people that were charged are not in custody. But proceeding from what we have been speaking about for the past two hours, I would like the final decision to be taken by a court and not by the judgment of analysts or politicians.
As far as I understand this is not about a state crime but about a crime in the economic sphere. Unfortunately this is a common thing, but we need to wait for the result. Our companies also try to observe each other and try to get some kinds of materials.
L'interview complète http://www.ft.com/cms/s/50ff806e-f9b6-11dc-9b7c-000077b07658.html
CFRIES
28 novembre 2006
Volgotanker fraud has cost the state 1Bln rubles - prosecutor
MOSCOW. Nov 28 (Interfax) - The Samara region prosecutor's office has completed its investigation into the activities of the Volgotanker company's administration accused of fraud and money laundering.
"Investigators believe that director of the shipping company's Samara branch Vladimir Koryakov, chief accountant Lyubov Bazilskaya, security service head Yevgeny Artyukhov and director of the navigation policy department Yury Isaichev illegally received reimbursements for allegedly provided export services via the tax authorities. Their operations cost the state approximately one billion rubles," the Russian Prosecutor General's office said on its website on Tuesday.


